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« Choc des savoirs », la quatrième dimension…..

QU1424_LIBERTEPRESSIONS

Par Matthieu RETG, Secrétaire départemental du SNALC Haute-Saône

THEME

Le 29 avril avait lieu  un webinaire de présentation du « Choc des savoirs ».

Les collègues de mathématiques et français étaient convoqués à cette présentation des « attendus institutionnels » pour la rentrée 2024.

L’ESSENTIEL

Passons sur l’horaire de 17H…..Nos inspecteurs semblent oublier que les cours se terminent à 17h dans certains collèges.

La présentation ahurissante : les inspecteurs détaillant les attendus de la réforme tandis que les questions pratiques, les interrogations, mais aussi les inquiétudes nombreuses des collègues défilaient continuellement sur le tchat.

De manière ironique,  l’annexe 3 du vademecum fraîchement publié sur Eduscol[1] pour, d’après eux, guider les enseignants vers les « questions essentielles à se poser en équipe », pour « construire collectivement cette nouvelle organisation » pointe tous les problèmes et les impensés de la réforme.

Sous forme de carte mentale, elle contient toutes les questions posées par les collègues lors de cette visio : « Quid de la liberté pédagogique des enseignants ? » ou « Quelle estime de soi pour les groupes des élèves les plus en difficulté ? Comment éviter toute stigmatisation ? » ou « Les progressions communes sont-elles obligatoires ? ».

Décidément, le ministère de l’Education Nationale pense à tout.

Et la présentation de se poursuivre sous forme de diaporama, les inspecteurs de répondre aux questions dûment « sélectionnées », par leurs soins. Les interactions orales avaient été désactivées….

Bel exemple de dialogue alors que les collègues se sentent dépossédés de leur métier, redoutent la disparition du lien avec leurs  élèves au sein de la classe.

CE QU’EN PENSE LE SNALC

Si nous étions dans une comédie satirique, la  dichotomie entre le discours officiel et les messages de détresse des collègue laissés sans réponse serait amusante.

Mais cette détresse est bien réelle.

Conscient de ces difficultés et toujours soucieux de ne pas rester dans une contestation stérile, le SNALC a rédigé un vademecum « Pour que les groupes aient la classe »[2] , pour aider les collègues.

ET POUR FINIR…

Quelques commentaires, questions des collègues de français et mathématiques, en vrac, sur le « tchat ».

  • Les enseignants ne sont pas des robots, des répétiteurs et n’ont pas forcément les mêmes goûts en matière de littérature. Comment transmettre à nos élèves si nous n’avons pas cette conviction ?
  • Depuis des années, on nous demande de faciliter le passage entre le primaire et le collège : de un enseignant à plusieurs et là les élèves vont changer plusieurs fois de professeurs de maths et de lettres……. je ne vois pas la logique.
  • Vous n’évoquez pas nos difficultés, nos craintes, le surplus de travail non rémunéré.
  • Qu’est devenue l’autonomie des établissements ?
  • Je réitère, mais il me semble aussi que la relation pédagogique nécessite de la continuité… Que la relation pédagogique et une RELATION, pas une succession d’intervention pas des acteurs différents.
  • Comment peut-on cautionner un tel projet, inefficace, stigmatisant, qui montre un mépris certain envers les élèves, les enseignants ? Qu’en est-il du budget de l’Education nationale, des annonces des postes supprimés, des fermetures de classes? Ce n’est pas de groupes de niveau dont nous avons besoin mais de classes à effectif moins pléthorique, de véritables heures de concertation.
  • Les projets pédagogiques pour une classe, c’est donc fini ?
  • Comment mettre en place des stratégies de coopération et d’entraide, des habitudes de travail en autonomie (qui se mettent en place de manière progressive et sur tout une partie de l’année) avec des groupes qui changent sans cesse ?
  • Qui prendra en charge le mécontentement des parents qui n’accepteront pas le classement de leur enfant dans tel ou tel groupe ? Qui gérera le mal-être généré sur les élèves ?
  • Un élève de 6e n’est pas « compétent », il a besoin d’être suivi et épaulé tout au long de l’année par des adultes qu’il connaît.
  • Et on imagine que l’on avancera à la même vitesse quel que soit le groupe.…
  • Compte tenu des DGH qui ne donnent pas les moyens nécessaires à tout ce que demande cette réforme en termes d’heures alloués et d’enseignant, comment empêcher que ces heures soient prises sur les divers projets , ateliers et enseignement en option comme le latin ?
  • Les élèves seront perdus: changer d’enseignant, de groupe, de séquences, etc.
  • Tout a déjà été dit ici… Merci aux collègues. Impression de vivre en direct, dans la réalité, un morceau choisi de dystopie. Il faudra tout de même prendre la mesure de notre inquiétude (pour en dire le moins) et de notre exaspération. Je ne me vois pas poursuivre ce métier sur le long terme. J’ai honte.

[1]https://eduscol.education.fr/4014/les-groupes-en-francais-et-en-mathematiques-en-6e-et-en-5e

[2]https://snalc.fr/pour-que-les-groupes-aient-la-classe/

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