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Corrections du baccalauréat et notes remontées: Les résultats de notre enquête

agenda_iStock_Boonyachoat

Le SNALC Besançon a lancé une large enquête en ligne afin de poser des questions basiques mais centrales quant aux corrections d’examen dans notre académie. Cette enquête, grâce à vos nombreuses réponses, est déjà représentative. Mais vous pouvez continuer à y répondre pour lui donner un caractère encore plus vaste. 

Elle s’inscrit dans une démarche large de la part du SNALC. Toutes les académies font des remontées de terrain afin que nous puissions porter des revendications claires à la Direction Générale de l’Enseignement Scolaire (DGESCO).

Voici donc les résultats pour l’heure.

Baccalauréat: Pour aller plus haut... aller plus hauôôô!

La première question s’intéressait aux pratiques les années précédentes, c’est à dire avant la réforme du lycée qui a aussi coïncidé avec la période COVID.

Les résultats sont clairs. Les notes n’étaient, dans leur immense majorité, pas modifiées.

L’on se dit que c’est tout à fait logique étant donné le fonctionnement du jury, à l’époque. Pour ceux qui n’ont pas connu cette époque, rappelons que les correcteurs faisaient leur office sur papier. Ils apportaient leur(s) lot(s) de copies le jour de la tenue du jury.

Le jury examinait les dossiers de plusieurs types de candidats:

  • ceux dont les résultats les amenaient très près de 8 et qui pouvaient donc prétendre à aller au rattrapage.
  • ceux dont la moyenne des résultats avoisinait 10 et qui pouvaient être remontés légèrement afin d’obtenir le bac au premier tour.
  • ceux qui étaient aux portes d’une mention ou d’une meilleure mention.

Dans tous les cas, on étudiait le dossier scolaire de manière collégiale et selon que le jury (parfois son président) estimait que le candidat méritait qu’on lui donnât un coup de pouce, on remontait ou non.

Bien sûr, nous n’allons pas vous vendre une époque idyllique. Parfois, un collègue était agacé qu’on lui demande de relever sa note sur une copie jugée indigente. Mais, au moins, il y avait une concertation en début de jury pour fixer un écart de points au delà duquel on s’interdirait de remonter des notes. Par ailleurs, le jury s’arrangeait pour ne remonter que d’un point, voire deux, en général. Et, encore une fois, pour des élèves méritants.

Cette année, on le voit bien la tendance s’est largement inversée. L’évolution des chiffres et le fonctionnement présenté ci-dessus a de quoi tordre le cou à ceux qui claironne ça et là que « ça a toujours existé ».

Ce qui est nouveau se résume en un mot: Santorin.

Le SNALC n’a rien contre la modernité et l’utilisation du numérique quand cela permet d’être efficace et de simplifier les choses (c’est le rôle du progrès).

Mais la correction en ligne – qui ajoute déjà de la pénibilité – permet, par l’absence de copies physiques apportées le jour du jury, de modifier sans préavis les notes de lots entiers.

Sous couvert d’harmonisation, on voit que 90% des collègues qui ont répondu à notre enquête ont vu leurs notes changer. Dans la partie expression libre de notre enquête, il apparaît que les changements n’ont eu lieu que dans un sens: à la hausse.

Si cela peut rassurer nos collègues – rassurer n’est sans doute pas le mot – la tendance est sensible au niveau national: Créteil, Paris, Versailles, Lyon, Montpellier… Les retours que nous avons signalent des remontées de lots entiers jusqu’à 2.5 points! 

Et même des lots dont la moyenne s’élevait déjà à 13.5 / 20 passent à 15.5 / 20.

Donc, il ne s’agit pas de dire « Ce correcteur est un méchant qui saque les élèves et il y a rupture de l’égalité de traitement » (discours déjà un peu gênant en soi). Non, on parle bien d’une remontée globale.

Même Le Monde d’aujourd’hui s’interroge sur le sens et les effets d’un tel choix.

Pour le SNALC, il faut tout d’abord que toute harmonisation des notes d’épreuves soit proscrite en l’absence d’une concertation avec les correcteurs. Même si ces concertations peuvent être le théâtre de pressions hiérarchiques, le professeur a toujours le choix de dire non (difficile voire dangereux, mais pas totalement impossible). Avec les remontées systématiques comme cette année, les lots sont bloqués et le correcteur est dépossédé de son travail.

 

Ensuite, mais c’est une demande que le SNALC porte nationalement depuis plusieurs semaines, il faut revenir sur la correction dématérialisée. Elle contient beaucoup plus de vices que de vertus.

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