Le projet de réforme des lycées professionnels commence à se dessiner et il ne laisse rien présager de bon. Pour le SNALC, il conviendra de lutter contre la mise en place de ce « machin ». Car d’autres choix sont largement possibles et souhaitables.

Pourquoi ça ne va pas

Les suppressions de filières et les créations annoncées risquent d’engendrer des déséquilibres et d’avoir des conséquences en termes de ressources humaines. 

Le PACTE, dont les contours sont encore flous pour la voie professionnelle, peut avoir pour conséquence une diminution de certaines heures qui permettaient de maintenir des postes.

La volonté affichée d’avoir recours à des professeurs associés, professionnels en entreprises qui viendront assurer des heures de formation, n’augure rien de bon en ce qui concerne les recrutements de PLP et les postes à pourvoir.

L’allongement des PFMP, en plus de donner à l’entreprise la primauté en matière de formation, reniant par la même la mission d’émancipation, d’instruction et de qualité de l’Education Nationale, va faire fondre les heures d’enseignement des disciplines professionnelles.

Bref, lorsque l’on sait que les élèves en entreprise ne trouvent pas forcément leur compte et sont cantonnés à des tâches pas toujours en rapport avec la formation attendue, il y a de quoi s’inquiéter.

Mais, le plus angoissant reste le nombre d’heures et de postes qui vont disparaître, alors que cela a déjà été le cas dans les disciplines générales.

Une communication désastreuse, voire insultante

Conscient de cela, le Ministre a cru calmer les inquiétudes en estimant que les professeurs de lycée professionnel pourraient se reconvertir vers le collège ou l’école primaire.

Cela confine à l’irrespect pour les études faites :

par les professeurs de lycée professionel

par les professeurs des écoles

parles certifiés et les agrégés qui enseignent en collège.

Bien sûr, cela existe déjà. 

Bien sûr, si des collègues y trouvent leur compte, le SNALC n’aura rien à dire contre eux. C’est évident.

Mais, nous avons tous fait des études pour enseigner dans un domaine ou à un certain niveau. Nous avons fait des choix par rapport à nos aspirations, à nos goûts.

A titre personnel, j’avais passé et obtenu le PLP Lettres-Anglais, avant d’obtenir aussi le CAPES d’Anglais et de choisir la voie générale. Si j’ai fait ce choix, ce n’était sûrement pas pour aller enseigner en CE2. Eussè-je voulu cela, j’aurais passé le CRPE.

Plus généralement, le SNALC plaide depuis des années pour que les professeurs, quel que soit leur corps, soient reconnus pour ce qu’ils sont: des cadres A de la fonction publique, des professionnels et des spécialistes dans leur domaine.

Nous ne sommes pas des exécutants interchangeables!

Quelle réforme faire?

Pour le SNALC, le principe est simple. Nos élèves de la voie professionnelle ont droit à un enseignement de qualité afin de devenir non seulement de grands professionnels mais aussi des adultes et des citoyens responsables.

Les PMFP, étant donné l’âge de nos élèves et ce que les entreprises peuvent ou souhaitent leur confier, ne sont pas la panacée.

C’est en classe ou sur les plateaux techniques, dans les ateliers qu’est dispensée cette formation de qualité.

Pour le SNALC, il faut simplement redonner du temps pédagogique et revenir à la prépondérance des connaissances professionnelles comme générales.

Pour cela, il faut:

– arrêter de généraliser les CCF – qui d’ailleurs sont rarement de vrais CCF – et revenir à des épreuves finales. Ce faisant, on évitera de perdre des heures durant l’année scolaire.

– arrêter avec la cointervention forcée. Les professeurs sont assez grands pour savoir si travailler en interdisciplinarité a un intérêt pour leurs élèves.

– arrêter avec le chef d’œuvre. S’il a un sens chez les Compagnons, voire dans quelques Bac Pro, il est globalement une perte de temps, surtout lorsque l’on voit comment il est censé être évalué.

– arrêter avec les référentiels rédigés en blocs de compétences. Ils ne servent qu’à rendre employables des élèves ratant leur diplôme afin qu’ils deviennent une main-d’œuvre moins chère. Pédagogiquement, ils n’apportent rien car ils ne sont pas rédigés pour être utiles. Il faut au contraire des contenus clairs et enseignables visant à faire de nos élèves des professionnels et non des tâcherons.