Jeudi 12 octobre, le DASEN du Doubs recevait les organisations syndicales représentatives pour un point d’étape après un mois et demi de cours. Certes, les propos qui ont été tenus concernent le Doubs. Mais ils peuvent être utiles à tous.

Harcèlement : Se protéger

M. Le DASEN et ses services ont signalé que le nombre de signalements de situations de harcèlement a explosé depuis la rentrée scolaire.

C’est souvent le cas lorsqu’un thème est mis sur le devant de la scène par le Ministère et par les médias.

Pour le SNALC, il n’est pas question de remettre en cause par principe ces signalements. Simplement parce qu’en faisant cela, l’on passerait à côté de vraies situations de souffrance.

Cependant, et le DASEN a tenu des propos qui vont parfaitement dans le sens que souhaite le SNALC, il faut que les collègues se prémunissent face aux récriminations potentielles des parents. A ce titre, un terme à la mode se doit d’être utilisé : la traçabilité.

En effet, il faut pouvoir montrer que, non, on ne peut pas dire que rien n’a été fait.

Le conseil est donc simple : lorsqu’un signalement vous est fait sur une situation de harcèlement présumé, notez-le dans une sorte de cahier. Puis, notez ce que vous avez fait en réponse à ce signalement. 

Cela peut être :

  • discussion avec l’élève ou les élèves incriminés pour leur expliquer la gravité de leurs actions
  • discussion et remontrances 
  • surveillance accrue lors des récréations
  • remontée à la directrice par mail depuis son mail académique et lui demander d’établir un fait établissement.
  • signalement à l’IEN avec demande d’appui quant au suivi à mettre en place.
  • signalement à la DSDEN
 
Les trois derniers points sont assez importants car, si un harcèlement se confirme, c’est au directeur qu’échoit la responsabilité de mettre en place des mesures éducatives et, si cela ne fonctionne pas, de saisir le DASEN pour qu’il fasse en sorte de changer l’élève harceleur d’école en concertation avec la ou les mairies concernées.
 
Pour le SNALC, il faut d’abord s’assurer que vous ne puissiez pas faire l’objet vous-même de récriminations ou d’une forme de harcèlement de la part des parents. Et sur ce point, il y avait accord total entre le DASEN et le SNALC : des parents de plus en plus invasifs et procéduriers peuvent être un danger pour les équipes. Il est donc important de pouvoir leur répondre que nous faisons notre travail, que nous sommes des professionnels… preuves à l’appui s’ils décidaient d’aller se plaindre « en hauts lieux ».

Dans le second degré, il est aussi nécessaire de se protéger. Les parents ne sont pas à la grille plusieurs fois par jour. Mais ils peuvent avoir le coup de fil facile.

Si vous êtes saisi d’une situation potentielle de harcèlement, il est donc important de laisser une trace de votre intervention.

Un mail ou un message PRONOTE ou ECLAT destiné au CPE ou à votre direction est une étape très importante. Cela prouve que vous avez pris la situation en compte et que vous en avez alerté les personnes les plus à même d’agir et d’échanger avec les élèves et les parents.

Enfin, même sans considérer que ces conseils vous permettent de vous prémunir d’éventuelles plaintes ou récriminations, agir ainsi, dans le premier degré comme dans le second degré, vous évite de rester seul et d’être tenté de vouloir gérer une situation qui peut vous dépasser.

Ainsi, s’il s’avère qu’il s’agit d’une vraie situation de harcèlement, en la signalant assez tôt, vous avez plus de chances de voir des choses être mises en place pour tenter de la résoudre (même si cela reste très compliqué…)